Ariane Fruit, Scène de crime • Dans l'atelier, Érik Desmazières • Galerie Documents 15

Christine Moissinac, Lettre GRAVIX Février-Mars 2019 - n° 28, March 29, 2019

Lettre GRAViX  ∣  #28 février-mars 2019

 

3 articles sur NOS ARTISTES et les dernières expositions ORGANISÉES À la galerie Documents 15 

 

DANS L'ATELIER, ÉRIK DESMAZIÈRES GRAVEUR, RENÉ TAZÉ IMPRIMEUR, UNE COLLABORATION ARTISTIQUE 1978-2018GALERIE DOCUMENTS 15, RUE DE L’ÉCHAUDÉ, 75006, PARIS, JUSQU’AU 6 AVRIL

Il est prétentieux de vouloir présenter É. Desmazières en quelques lignes, car son travail, admirable de précision, de classicisme et de poésie silencieuse, est bien connu. Le pari de cette nouvelle exposition est de mettre en évidence la profondeur et la force du lien unissant l’artiste avec son imprimeur, René Tazé, maître en la matière, dont l’éthique professionnelle et la passion du métier appellent le respect et ont fait de lui le formateur respecté de générations de jeunes graveurs. Perspectives des trois différents ateliers, vues rapprochées des presses et des séchoirs d’estampes, les oeuvres constituent une sorte de déclinaison de ce qui fait la vie d’un atelier, de sa quotidienneté comme de son mystère. 

Et exceptionnellement, derrière sa presse e, René au travail ! 

 

 

ARIANE FRUITScène de crimeGalerie Documents 15, rue de l’Échaudé, décembre 2018

L’atelier comme scène de crime, ou plus exactement comme le relevé du crime ! L’œuvre d’Ariane Fruit est un pari et une sorte d’exploit qui s’appuie d’abord sur une opportunité : par sa nature même, le sol en lino de son atelier a pu faire office de matrice ! Mais aussi et surtout sur l’alliance de ses deux compétences : un savoir photographique qui l’autorise à réussir une prise de vue en survolant la scène comme pour établir un relevé légal et une maîtrise sans faille de la gouge, car la gravure d’épargne ne permet en effet ni erreur ni remords. La scène se déploie et le visiteur se sent comme un observateur anonyme, mais impliqué, et sans pouvoir s’échapper. Puis, passé le choc de la vue d’ensemble, le regard se pose alors sur les innombrables détails de la scène, objets du quotidien comme les restes d’un repas, outils de l’artiste comme les pinceaux posés devant la fenêtre et les rouleaux accrochés, chambre photographique et ordinateur qui est là pour recomposer les débris, rouleaux posés dans un coin, meubles de rangements à tiroirs multiples, dessins et gravures suspendus au mur, le tout dominé par l’imposante presse qui occupe tout un pan de l’atelier. À terre, l’artiste gravant le sol, la main droite tenant la gouge, la gauche faisant appui. Le temps passe, l’œuvre demeure.  

 

 

Cabinet graphique, académie des beaux-arts, quai conti, paris

Saluons l’inauguration d’un cabinet d’arts graphiques au sein de la bibliothèque de l’Académie des Beaux-arts. Une initiative probablement très attendue qui va conforter la mémoire de certains artistes modernes et contemporains et étendre le corpus de la bibliothèque. Et donc son attractivité pour des chercheurs.