Nicolas Sage | La Beauté du réel

Connaissance des arts
Guillaume Morel, Connaissance des Arts, Mai 2, 2023

Connaissance des arts

Nouveau talent / mai 2023

 

Donner à voir la poésie du monde et inciter à mieux la regarder, telle est l'ambition de ce jeune peintre qui expose à la Maison Caillebotte à Yerres.

 

Nicolas Sage

La Beauté du réel

 

Pourquoi inventer ou sublimer, puisque la beauté est déjà là, partout? Encore faut-il être attentif à ce qui nous entoure pour en déceler la poésie. « Tout part de la réalité, de ce que je vois, même si rien, finalement, n'est purement objectif », explique Nicolas Sage, formé à l'Ecole nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville dans l'atelier du peintre Jean-Baptiste Sécheret, dont l'enseignement reposait sur l'observation. Diplômé en 2016, le jeune homme a choisi la voie du dessin - « le premier langage de larchitecture » - et de la peinture, qu'il pratique à l'huile ou à l'aquarelle. Nicolas Sage travaille d'abord sur le motif. Il multiplie les croquis, prend quelques photographies. Il constitue un corpus d'images qu'il recadre, réduit, agrandit, recompose ensuite en atelier. « Il faut s'entraîner continuellement, comme un sportif ou un musicien », dit-il. L'été dernier, il est parti avec son père dans les Pyrénées, se fixant pour objectif de produire chaque jour un petit tableau, face à la montagne. Admirateur du Caravage, de Georges de La Tour, de Balthus et de Lucian Freud (autant de peintres qui ont tenté de sapprocher au plus près du réel), Nicolas Sage ne s'encombre d'aucun discours conceptuel. Il réalise des portraits, des autoportraits et surtout, des paysages. Il apprécie la nature et le charme des villes désertées de toute presence humaine. Amoureux de l'Italie, il arpente Rome, Florence, Venise ou Palerme, immortalise les places, les monuments, les statues. Les fantômes de Giorgio de Chirico et de Giorgio Morandi planent sur certaines de ses plus belles compositions. L'artiste aime aussi traduire ses impressions nocturnes. « La nuit, c'est merveilleux, confie-t-il. La lumière ne change pas. On peut rester des heures dehors à peindre et à dessiner. »

Guillaume Morel